Pdimension — carnet

7 mars 2008

Mon environnement de travail

Classé dans : Personnel — peutch @ 19h45

Voici une photo de mon bureau, pour que vous ayez un petit aperçu de mon environnement de travail.

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20 février 2008

Actualité chargée !

Classé dans : Politique — peutch @ 17h10

J’avais un peu oublié ce carnet, mais j’y ai repensé au vu de l’actualité politique chargée.

  • Fidel Castro qui démissionne de son poste de Leader/chef/père de Cuba.
  • Le parti de Pervez Musharraf qui vient de perdre les élections léglislatives au Pakistan.
  • Le Kosovo qui vient de se déclarer État indépendant.

Quelques réflexions en vitesse :

  • Les Cubains sont très tristes que Fidel se retire. La plupart d’entre eux n’ont connu que lui comme chef d’État… Témoignage : C’était plus qu’un leader, c’était un père pour nous… De quoi oublier que les Cubains sont pauvres, bayonnés, surqualifiés pour leurs emplois, ont faim, et ne récoltent guère les miettes du tourisme, confiné aux beaux quartiers de La Havane. Voilà comment une dictature peut faire suffisamment impression sur les esprits pour qu’on en vienne à la regretter.
  • Pakistan : là encore, il n’y a plus qu’à espérer que cela va faire avancer la démocratie. Si l’opposition obtient 2/3 de l’Assemblée, elle pourra démettre Musharraf de ses fonctions. Sinon cohabitation ! Y’a de la baston en perspective.
  • Kosovo : pourquoi les Serbes manifestent-ils contre l’indépendance du Kosovo ? Kesten a n’à fout’ ? Réponse possible : l’événement était prévisible et prédit par beaucoup. La Russie n’a plus qu’à envoyer quelques agitateurs sur place un peu en avance pour foutre la merde, et tenter de bloquer cette indépendance. Oui, c’est une conspiracy theory, mais elle me paraît éminemment crédible.

23 août 2007

The emerging mind, de Pr. Ramachandran

Classé dans : Personnel, Philosophie — peutch @ 23h35

Je suis en train de lire un bouquin ultra-intéressant d’un neurologue indien, Ramachandran. Le bouquin s’appelle The Emerging Mind, et il est en fait tiré d’une série de conférences diffusées par la BBC, et toujours écoutables en ligne.

Il explique comment certains dysfonctionnements du cerveau permettent de comprendre comment ce dernier fonctionne. Il y a aussi tout un tas de théories intéressantes à propos de l’art, comment il est possible d’identifier certaines règles universelles dans l’art, qui correspondent à certaines capacités du cerveau qu’il s’agit de satisfaire.

Il y a également un chapitre sur la synesthésie, et comment cela nous renseigne sur le langage et son origine suggérée…

Bref, c’est un bouquin, ultra-stimulant, avec plein d’hypothèses intéressantes, et sur lesquelles on peut travailler, deviser, réfléchir, rêver. Rapide à lire ou à écouter.

15 avril 2007

C’est fatal

Classé dans : Général — peutch @ 14h02

Ce qui devait arriver arriva. Je viens de lire chez Paul Krugman une phrase qui résume tout mon essai de fin d’année. Je cite :

The influence of an idea may have nothing to do with its quality.

Bon ben c’est pas grave, maintenant que j’ai commencé, faut que je finisse.

François Bayrou, vainqueur à la Condorcet, et le théorème de l’électeur médian

Classé dans : Politique — peutch @ 12h09

Dans les élections présidentielles 2007, François Bayrou serait vainqueur à la Condorcet. Je m’en suis bêtement aperçu en regardant une animation Flash du site du Monde qui récapitule les différents résultats de sondage (voir par exemple le 2nd tour des sondages IPSOS, TNS Sofres, ou BVA).

Qu’est-ce que signifie vainqueur à la Condorcet ? C’est un terme de jargon qu’utilisent les théoriciens du vote. Un candidat est vainqueur à la Condorcet s’il bat tous les candidats un à un en duel. Ainsi, les différents sondages s’accordent sur un point : si Bayrou passe au second tour des présidentielles, il est sûr d’être élu. En effet, en supposant que seul Sarkozy, Royal et Le Pen sont susceptibles de s’y trouver face à Bayrou :

  • Bayrou l’emporte contre Sarkozy, même si ça peut être assez serré ;
  • il l’emporte contre Royal haut la main ;
  • on peut supposer qu’il l’emporterait facilement contre Le Pen, même si les sondages ne disent rien à ce sujet.

Tout ceci en admettant bien sûr que les intentions de vote ne changent pas, et que les personnes votent effectivement comme les sondages le prédisent.

Ceci n’est pas vraiment surprenant. Instinctivement, on comprend que si Bayrou est face à Sarkozy au second tour, les supporteurs de Ségolène Royal et de toute la gauche reporteront massivement leurs voix sur Bayrou plutôt que sur Sarkozy. Inversement, si Royal et Bayrou sont au second tour, les sarkozytes reporteront leurs voix sur Bayrou plutôt que sur Royal. En somme au second tour, les déçus du premier tour doivent choisir un moindre mal. Nul doute que pour les socialistes, Bayrou est « moins pire » que Sarkozy.

Ce type de raisonnement s’appelle, dans le jargon de la théorie du vote, le théorème de l’électeur médian. Si l’on représente la vie politique sur un axe, par exemple l’axe gauche-droite, on placera sur cet axe les candidats dans l’ordre Royal, Bayrou, Sarkozy. Supposons par ailleurs que chaque électeur a un point favori sur cet axe (point qui ne coïncide pas nécessairement avec les candidats existants). Ce point dépend de l’idéologie de l’électeur. (Par exemple, on imagine aisément qu’un ouvrier aura son point favori plutôt sur la gauche de l’axe, tandis qu’un jeune HEC aura plutôt son point favori sur la droite.) Vous comprenez l’idée. Un candidat qui est juste au milieu du spectre a, dans notre petit exercice, la moitié des électeurs à sa gauche et l’autre moitié à sa droite.

Maintenant, imaginons que chaque électeur, qui n’est pas fou, vote pour le candidat le moins pire, c’est-à-dire le candidat positionné le plus près possible de son point favori.

Supposons que notre candidat du milieu soit opposé en duel à un autre candidat plus à droite. Pour un électeur de gauche, le candidat du milieu est plus proche de son point favori que ne l’est le candidat de droite. Ainsi, toutes les personnes dont le point favori est à gauche de l’électeur centriste vont voter pour lui, plutôt que pour le candidat de droite. Le candidat centriste s’assure donc la moitié des électeurs. À tous ces électeurs s’ajoutent les électeurs dont le point favori est entre les deux candidats, mais plus proche du candidat centriste. En somme le candidat centriste est sûr de gagner face à un candidat de droite. Le résultat se reproduit à l’identique si l’on oppose le candidat centriste à un candidat de gauche, puisqu’il recevra tous les votes des électeurs de droite.

Le théorème de l’électeur médian nous dit que dans ce genre de situation, un candidat situé pile au point favori de l’électeur médian, c’est-à-dire situé pile au milieu du spectre des électeurs, est vainqueur à la Condorcet, c’est-à-dire qu’il ne peut être battu en duel par aucun autre candidat.

Ce résultat est des résultats les plus populaires de la théorie du vote. Il repose sur trois hypothèses qui ne vont pas toujours de soi :

  1. la possibilité de représenter la vie politique sur un axe unidimensionnel (en général gauche-droite),
  2. la compétition entre deux candidats seulement,
  3. le fait que les électeurs votent pour le candidat le moins éloigné de leur point favori.

Même si la réalité est bien plus complexe que cela, toutes approximations mises à part, ce résultat se vérifie dans la réalité des sondages ! Bayrou occupe, à peu de choses près, la position d’un candidat médian, et se retrouve en position de vainqueur de Condorcet.

Évidemment, le plus gros problème de Bayrou, c’est d’atteindre le second tour. L’élection majoritaire à deux tours, comme on la pratique en France pour les présidentielles, est un système tel que même si un vainqueur à la Condorcet existe, il peut très bien perdre les élections (car il n’aura pas atteint le second tour).

C’est un point que j’avais soulevé dans mon mémoire de master sur les paradoxes de vote [PDF, 530 Ko]. À la question de savoir si c’est regrettable, j’ai depuis modéré mon avis ; est-ce acceptable qu’un système électoral n’élise pas systématiquement un vainqueur à la Condorcet ? A priori, non, car un vainqueur à la Condorcet semble être un candidat de rêve. En réalité, il ne faut pas oublier qu’il s’agit largement d’une construction théorique. Un candidat n’est jamais seul face à un autre. En France du moins, il doit toujours faire face à une multitude d’autres candidats. À mes yeux, ceci tend à rendre moins crucial le critère du vainqueur à la Condorcet.

Je voudrais simplement terminer par une question bête : si le théorème de l’électeur médian se vérifie, pourquoi les candidats ne choisissent-ils pas tous un programme centriste, proche de l’électeur médian ? Mais enfin chérie, c’est toujours ce qui arrive… au second tour. Les candidats tentent alors de « rassembler », comme le dit la science politique poussiéreuse. C’est une autre façon de dire que les candidats accourent vers le milieu.

Au premier tour, c’est plus compliqué.

14 avril 2007

Et tu empiles…

Classé dans : Économie, Personnel, Philosophie — peutch @ 21h48

En ce moment, j’ai tellement de temps libre… Je me suis dit : « Tiens, c’est le moment idéal pour lire. » Je déconne. Mais je commence à y discerner un phénomène psychologique. C’est toujours quand j’ai le moins de temps disponible que j’ai le plus envie de lire, que j’écris des chansons, des trucs de ce genre. À mon avis, il doit y avoir une corrélation positive entre mon indisponibilité et mon intérêt pour les choses les moins urgentes.

Breeeeeef. Tout ça pour dire que ma pile officielle — et bien réelle — de livres à lire commence à prendre de l’ampleur. Pour mon récent zanniversaire, on m’a offert deux livres :

  • A Little History of the World écrit en 1985 par Ernst Gombrich et récemment traduit en anglais. Une brève histoire du monde, en somme, écrite à l’intention de ses petits enfants. Donc le style est assez enfantin mais ça m’a l’air assez plaisant, et ça permet de se mettre les choses au clair.
  • History of Western Philosophy publié par Bertrand Russell en 1946. Ouvrage mondialement connu (sauf en France ?), par un grand philosophe, et qui me permettra là aussi de mettre quelques choses au clair. Reste qu’avec ses 750 pages en police Joanna, il va falloir être courageux.

À cette liste, j’ajoute deux auto-cadeaux, tout frais d’aujourd’hui :

  • The Elegant Universe de Brian Greene (1999) : un ouvrage de vulgarisation scientifique sur les développements de la science physique au XXe siècle : relativité, physique quantique, théories des cordes, M-théorie, etc. Le livre avait donné lieu à la réalisation d’un documentaire en trois parties, super intéressant, diffusé sur Arte (avec un doublage atroce). Donc je me suis dit que ça valait le coup que je lise ce livre un jour ! Pouf, j’empile.
  • The Accidental Theorist, de Paul Krugman (1999). Un livre de vulgarisation, économique cette fois, par Paul Krugman, qui est lui-même économiste, américain, réputé, et qui a la langue bien pendue. On verra ce que ça donne (dans 3 ans).

Sans compter les livres en cours : Story of Art de Gombrich, et Le Maître et Marguerite de Boulgakov, et me voilà assis sur une pile de pages, de lettres, et de ponctuation.

Courage.

10 avril 2007

Cliché dans les photos de cuisine

Classé dans : Sans intérêt, Photographie — peutch @ 23h31

J’ai découvert récemment un monstre cliché dans les photos de cuisine. Je sais, ça paraît con. Mais je cherchais un bouquin de recettes à ouvrir à mon frangin. Et en en feuilletant quelques-uns, j’ai remarqué qu’aujourd’hui, toutes les photos de plats utilisent un même truc : une profondeur de champ très réduite.

Pour les non-techniciens de la photo, ça veut simplement dire que la zone de netteté est très réduite. Le photographe fait la mise au point sur une zone du plat, qui apparaît nette. Mais tout ce qui est dans le fond, et tout ce qui est dans l’avant-plan, apparaît flou.

Quelques exemples pris rapidement sur le Web :

  • une salade de saison : la mise au point est faite sur les fleurs rouges — les tomates au premier plan, ou les échalottes juste derrière sont floues ;
  • des lasagnes : la mise au point est faite sur le premier plan, tout le reste est flou, y compris le reste des lasagnes ;
  • un gâteau : la mise au point est faite sur la part de gâteau qui ressort, même la partie gauche de la part, légèrement en retrait, est floue.

Et c’est comme ça dans tous les livres de recettes modernes que j’ai feuilletés récemment.

Je suppose que c’est censé rendre la photo plus moderne, plus vivante. Enfin bref, un bel exemple de mode photographique.

5 avril 2007

Une orientation probable pour ce carnet

Classé dans : Ce carnet — peutch @ 23h34

Comme mon grand centre d’intérêt du moment, ce sont les phénomènes sociaux auto-entretenus, les prophéties auto-réalisatrices / auto-défaitrices, l’importance de l’information et des croyances des individus dans ce genre de situations, il est hautement probable que les messages sur ce carnet se concentrent davantage sur ce thème.

C’est déjà le cas avec mes billets sur l’homophobie et sur la criminalité.

Bien entendu, il n’est pas exclus que je poste sur d’autres sujets, surtout en période de campagne électorale présidentielle.

Plus que jamais, les commentaires, critiques et discussions sont les bienvenus !

Homophobie, norme et habitude

Classé dans : Politique — peutch @ 23h19

Hier soir, lors d’un dîner avec des amis, nous avons un débat au sujet de l’homophobie. Au Royaume-Uni, il est question de passer un règlement réprimant l’usage du mot gay comme insulte dans les cours de récréation. Certains invités trouvaient cela stupide, parce que c’était difficile à mettre en place, et parce que le fait que « gay » soit une insulte ne signifie pas nécessairement qu’ils voient négativement les homosexuels. Il s’agissait donc d’un excès de « politiquement correct ».

Je ne suis pas de cet avis. Il me semble au contraire que cette mesure est judicieuse. D’abord, sur le plan pratique, elle me semble tout à fait faisable. Il suffit de mettre en place des sanctions dans le cadre scolaire quand l’usage du mot gay comme insulte est avéré.

Ensuite sur l’effet d’une telle mesure, il me semble qu’il y a là un bon moyen de réduire l’homophobie à long terme. Il s’agit de rendre l’insulte « gay » inacceptable socialement. Même si cela peut paraître forcé au début, à long terme, si une telle mesure continue d’être appliquée, cela finira par arriver. On n’osera plus appeler quelqu’un « gay » de manière péjorative. Cette mesure aura fait en sorte que le fait d’être homosexuel ne soit plus considéré de manière négative. Par l’habitude, on aura fait en sorte que l’homophobie sous-jacente à l’insulte « gay » sera devenue anormale, au sens de contraire à la norme. On aura établi une nouvelle norme sociale, moralement préférable à celle d’avant.

Encore une fois, il me semble que l’État a un rôle à jouer pour casser le phénomène d’auto-renforcement faisant du mot gay une insulte banale. Au contraire, il peut aider à lancer une nouvelle dynamique d’auto-renforcement vers une nouvelle norme, de même que le mot nègre est devenu inacceptable parce qu’il était utilisé comme insulte, sous-entendant que la personne était inférieure en raison de sa couleur de peau.

C’est effectivement très politiquement correct, mais je ne vois pas le problème, puisqu’il me semble que c’est moralement préférable.

4 avril 2007

Lutter contre la criminalité

Classé dans : Politique — peutch @ 12h34

Je travaille actuellement sur des histoires de contagion sociale, d’imitation et comportement moutonniers, c’est-à-dire des situations dans lesquelles certains individus utilisent des actions d’autres individus pour établir leur propre conduite.

En lisant un article de Bikhchandani et al, paru en 1998 [1], je viens notamment de découvrir une idée aussi simple que chou, mais à laquelle je n’avais jamais pensé : l’idée selon laquelle le crime est un phénomène largement auto-généré. Plus précisément, être dans un quartier à forte criminalité encourage la criminalité. La raison la plus simple, c’est que le criminel sait que les ressources policières sont limitées, et donc plus il y a de crime, moins lui risque d’être pris ; il risque également moins d’être stigmatisé. Et ceci peut conduire à une situation dans laquelle une petite bande peut entraîner un phénomène de contagion criminelle :

If apprehension is rare, a few individuals who are relatively insensitive to penalties and continue to commit visible crimes may lead to a broader inference in the community that crime pays.

Le nœud du problème, c’est que la criminalité soit visible, et donc incite d’autres à faire les voyyyous. Une suggestion donc, dans les quartiers où sévissent des gangs, et où l’intervention policière est notoirement inefficace, c’est de limiter au maximum la visiblité de la criminalité. Les auteurs suggèrent rapidement, par exemple, la mise en place de couvre-feu et de lois interdisant de zoner et de se regrouper. Ça peut paraître un peu bourrin, mais l’objectif reste de rendre la criminalité moins visible, donc de donner l’impression que le quartier est sûr, pour le rendre effectivement sûr. Un bel exemple de prophétie auto-réalisatrice !

C’est un peu la politique du broken glass dont j’avais entendu parler au lycée en cours d’anglais (allez comprendre), à savoir que dès que des ptits gars cassent une vitre avec un caillou, il faut la remplacer immédiatement, sans quoi d’autres viendront et jetteront des cailloux pour casser d’autres vitres.

Le plus important, c’est que ça semble marcher !

In 1993, the New York City Police Department began to enforce more aggressively the rules on public order offenses, such as vandalism,
aggressive panhandling, public drunkenness, unlicensed vending, public urination and prostitution. Over the next three years, serious crimes in New York decreased sharply. The effectiveness of this strategy is puzzling under traditional theories of crime, less so under the social influence approach.

Une façon originale de s’attaquer aux questions de criminalité.

[1] Learning from the Behavior of Others: Conformity, Fads, and Informational Cascades, Bikhchandani, Hirshleifer, Welch, The Journal of Economic Perspectives, Vol. 12, No. 3 (Summer, 1998), pp. 151-170

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