En ce moment, j'ai tellement de temps libre… Je me suis dit : « Tiens, c'est le moment idéal pour lire. » Je déconne. Mais je commence à y discerner un phénomène psychologique. C'est toujours quand j'ai le moins de temps disponible que j'ai le plus envie de lire, que j'écris des chansons, des trucs de ce genre. À mon avis, il doit y avoir une corrélation positive entre mon indisponibilité et mon intérêt pour les choses les moins urgentes.

Breeeeeef. Tout ça pour dire que ma pile officielle — et bien réelle — de livres à lire commence à prendre de l'ampleur. Pour mon récent zanniversaire, on m'a offert deux livres :

  • A Little History of the World écrit en 1985 par Ernst Gombrich et récemment traduit en anglais. Une brève histoire du monde, en somme, écrite à l'intention de ses petits enfants. Donc le style est assez enfantin mais ça m'a l'air assez plaisant, et ça permet de se mettre les choses au clair.
  • History of Western Philosophy publié par Bertrand Russell en 1946. Ouvrage mondialement connu (sauf en France ?), par un grand philosophe, et qui me permettra là aussi de mettre quelques choses au clair. Reste qu'avec ses 750 pages en police Joanna, il va falloir être courageux.

À cette liste, j'ajoute deux auto-cadeaux, tout frais d'aujourd'hui :

  • The Elegant Universe de Brian Greene (1999) : un ouvrage de vulgarisation scientifique sur les développements de la science physique au XXe siècle : relativité, physique quantique, théories des cordes, M-théorie, etc. Le livre avait donné lieu à la réalisation d'un documentaire en trois parties, super intéressant, diffusé sur Arte (avec un doublage atroce). Donc je me suis dit que ça valait le coup que je lise ce livre un jour ! Pouf, j'empile.
  • The Accidental Theorist, de Paul Krugman (1999). Un livre de vulgarisation, économique cette fois, par Paul Krugman, qui est lui-même économiste, américain, réputé, et qui a la langue bien pendue. On verra ce que ça donne (dans 3 ans).

Sans compter les livres en cours : Story of Art de Gombrich, et Le Maître et Marguerite de Boulgakov, et me voilà assis sur une pile de pages, de lettres, et de ponctuation.

Courage.

 

One Response to Et tu empiles…

  1. Nico dit :

    Cher Monsieur Pdimension,

    J'ai moi-même remarqué une corrélation similaire entre l'indisponibilité et l'intérêt pour des projets parallèles qui sont, si possible, consommateurs de temps et évidemment sans aucun intérêt à court terme. En réflechissant quelques secondes à cette corrélation empirique, il semble qu'il y ait deux explications simples possibles :

    La première pourrait venir d'une envie de sortir de son activité imposée en explorant d'autres aspirations qui ne se seraient pas manifestées à une période plus sobre de l'existence. La baisse du temps disponible est en effet souvent liée à un projet précis à court terme sans vraiment la possibilité de passer outre : Rédaction de rapport, mariage, organisation d'un club Tupperware... Faire autre chose ou du moins penser que l'on puisse faire autre chose serait donc une sorte d'échappatoire à la pression du moment. Cela semble un peu simple, et pour être tout à fait honnête, je ne suis moi-même pas persuadé de cette explication.

    La seconde explication serait, elle, liée à une accélération de l'activité cérabrale liée à la pression du moment. Certaines personnes dont votre serviteur, et je crois aussi l'auteur de ce billet, ne sont capables de se mettre vraiment au travail que lorsque le temps imparti devient absolument incompressible, voire pire. Plongé dans une fuite en avant, le cerveau passe alors la troisième sans contrôle rétro dans une croissance exponentielle qui s'arrête brusquement cinq minutes avant, ou dans le cas moins favorable après, le gong final. Dans cette période un peu hypnotique ou le mal de ventre le dispute aux yeux sauce piquante, certaines idées et surtout leurs applications directes viennent plus rapidement à l'esprit par une espèce de surexcitation intellectuelle. J'ai lu qu'un mathématicien avait eu une idée à un million de dollars dans le métro, et bien moi je peux affirmer que j'ai compris une équation (certes finalement assez bon marché) en mangeant un kebab. Vous comprendrez ici le lien avec la boule au ventre mentionné plus tôt si j'ajoute que je suis revenu à mon kebab qu'une demi-heure plus tard, et d'avantage encore si je vous assure que la viande de mouton carbonisée supporte finalement assez mal son troisième passage au micro-ondes. La validation expérimentale de la théorie de surexcitation intellectuelle vient du fait que toutes ces belles idées et ces envies de projets s'évanouissent assez naturellement quand la diponibilité du temps et le retour à un rendement intellectuel standard voir tristement néant reviennent. Cette hypothèse est bien triste car elle implique que les bonnes idées alléchantes sont souvent (a)laissées de côté au moment où elles pourraient être mises en oeuvre.

    Enfin et ne vous inquétez surtout pas, monsieur Pdimension, je suis persuadé que vous n'aurez que faire de votre empilage lorsque le temps et les beaux jours oisifs seront revenus. Cela ne sert cependant à rien de les ranger, ils seront si tentants à vous narguer lors de votre prochain rapport.

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